Bulletin d'information

de la Fédération Française du Milieu Montagnard

Fondée en 1978 sous l'appellation Fédération Française de la Moyenne Montagne.

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N° 145

Chantier de démontage au col du midi

 

 

 

 

 

 

En 1999, Mountain Wilderness et ProMONT-BLANC, qui s’appelait alors le CIAPM lançaient dans le cadre de la campagne "Installations Obsolètes" de MWF, le premier recensement des aménagements abandonnés dans le massif du Mont-Blanc.

Ce recensement s’est par la suite étendu à l’ensemble des montagnes de France, permettant une prise de conscience quant au nombre (estimé à 3000) et à l’impact de ces installations obsolètes (qui n’ont plus d’usage) en montagne.

Dès lors, l’objectif visé par MWF n’a pas varié : recenser les installations obsolètes afin d’inciter responsables et décideurs locaux à faire disparaître ces "points noirs". A terme, il s’agit d’obtenir que la remise en état du milieu soit prise en compte pour tout nouvel aménagement.

 

 

 

 

Un partenariat constructif pour un démontage emblématique

En octobre 2012, sur proposition du guide de haute montagne Christophe Dumarest, par ailleurs adhérent de Mountain Wilderness, le projet de démontage de l’ancienne gare du téléphérique du col du Midi est né, élaboré en partenariat avec les différents acteurs parties-prenantes : la mairie de Chamonix, la Compagnie du Mont-Blanc et la Compagnie des guides de Chamonix. Le Ministère de la transition écologique et solidaire a par la suite rejoint cette démarche partenariale.

S’appuyant sur la volonté commune affichée par ces derniers, MW pilotera la conduite de ce projet jusqu’à la prise en main par la mairie en juin 2016, par décision du conseil municipal de se porter maître d’ouvrage.

 

Aménagement emblématique mais... obsolète

 

D’aucuns diront que cet ancien aménagement fait partie de l’histoire de la vallée de Chamonix et qu’il est regrettable de le voir disparaître. Il faut savoir que Mountain Wilderness est depuis le début de sa campagne, très sensible à la question du devoir de mémoire. Pour répondre à cette question centrale, "patrimoine ou obsolète ?", nous proposons la grille d’analyse suivante :

1. Est-ce que l’installation a un usage, ou une utilité ?

2. Est-ce que l’installation est toujours entretenue ?

3. Est-ce que l’installation est mise en valeur, expliquée ou présentée au public ?

Toute installation pour laquelle on répondrait positivement à l’une de ces 3 questions ne peut être qualifiée d’obsolète.

Quant aux autres, MW ne décide jamais unilatéralement, mais en partenariat. Les propriétaires et les exploitants de l’installation, les institutions chargées de la gestion des espaces naturels et les services de la culture et du patrimoine sont toujours consultés. Dans tous les cas, le caractère obsolète de ce que nous retirons fait consensus pour les autorités légitimes.

 

Pour connaître la position de MWF plus en détail, consultez le document pdf :

Installations obsolètes et patrimoine.

 

Une campagne qui obtient des résultats positifs et récompensés

 

Depuis 15 ans, Mountain Wilderness a mené 45 chantiers grâce à l’investissement de 1700 bénévoles de tous âges et de tous horizons. Parmi eux, des publics plus spécifiques tels que des détenus en fin de peine, des migrants ou encore des jeunes en centre fermés. Une expérience humaine riche et porteuse de sens, renouvelée chaque année. Au total, ce sont plus de 440 tonnes d’aménagements abandonnés qui ont été retirées de la montagne.

 

Au fil des ans, collectivités et gestionnaires du territoire se sont saisis de cette problématique auparavant inconnue : des opérations de démontage ont ainsi lieu régulièrement dans tous les massifs, de la simple cabane agricole à la station de ski complète.

 

 

La législation a elle aussi évolué grâce au travail de l’association. La loi Montagne II, votée en décembre 2016, prévoit dans son article 71 (codifié depuis au L472-2 du code de l’Urbanisme) que « l’autorisation d’exécution des travaux est assortie d’une obligation de démantèlement des remontées mécaniques et de leurs constructions annexes, ainsi que de remise en état des sites » dans un délai de trois ans à compter de la mise à l’arrêt définitive de ces remontées.

 La campagne a par ailleurs été récompensée à de nombreuses reprises par des prix et autres titres de reconnaissance tel que le Prix "Mountain Protection 2016" remis par l’UIAA

 

 

 

 

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